lundi 30 septembre 2013

France2025 : pour un Vice-Premier ministre à la prospective !

Pensons par l'autre bout de la raison: si la crise actuelle est une chance à l'horizon 2050, comment l'avouer aux français en 2013 alors qu'ils sont au creux de la vague? Pour notre contributeur Mika Mered, consultant, spécialiste en risques polaires à la Columbia University, c'est précisément parce que personne ne l'ose qu'on pratique l'art de la prospective façon petit bras. Des exercices à dix ans ? Pourtant, toutes les armes sont là pour penser 2017, 2020 ou 2025…


Pour que la France se réinvente, trois axes s'imposent : d'abord, dynamiter la superstructure vieille de la seconde révolution industrielle qui cloisonne les générations comme elle cloisonne encore école, université, recherche et entreprises entre elles. Ensuite, le pays doit rebondir en tant que Nation aux mille héritages, par une proactivité systémique et iconoclaste dans le concert mondial, semblable aux décennies, et pour finir, nous devons redevenir précurseurs : aller chercher la croissance d'aujourd'hui là où elle se trouve vraiment, dans la préparation des enjeux de milieu de siècle.

Concrètement, si la France se doit d'être conquérante pour survivre, elle devra apprendre à développer une culture de la trans-sectorialité en s'inspirant de ses voisins nordiques. Elle devra oublier le mythe social-démocrate pour faire place à ce que les islandais appelle la "méta-modernité" : penser collectivement les métissages créatifs de demain. Elle devra identifier et imaginer de nouveaux secteurs autour des arts, de l'hydrogène, de l'Arctique, des Outre-Mers…

Croire en la destruction créatrice pour investir dans l'économie sociale et solidaire comme dans les polartechs, biotechs, cleantechs et autres nanotechnologies qui seront les objets de la concurrence mondiale de 2030-2050. Autrement dit, elle devra se forcer à bâtir un modèle fondé sur la très haute valeur ajoutée, insufflé par un État-stratège modèle de leadership, de flexibilité, d'innovation et d'efficience.

L'immobilisme pour un déclin assuré
Le gouvernement dit avoir 2017 pour agenda. Le MEDEF propose maintenant un effort collectif pour imaginer la France de 2020. Le Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective (CGSP) a entériné dans sa synthèse "France 2025" le constat fait depuis plus de 10 ans par Yann Algan et Pierre Cahuc, entre autres : l'immobilisme généralisé est le facteur-source du déclin économique.

Même la Commission "Innovation 2030", présidée par Anne Lauvergeon et installée par le Ministère du Redressement Productif, est un effort insuffisant par nature quand la France se gouverne encore à 38 ministres. En effet, comment penser transsectorialité(s) lorsque la concurrence politique est exacerbée tant entre ministres qu'entre administrations pour budgets et visibilité.

Alors, comment accéder dans ce contexte à la méta-modernité d'obédience nordique quand la multiplication des chapelles ministérielles engendre une incapacité structurelle à identifier, prévoir et donc préparer l'avenir de façon holiste ou à valider les travaux d'une commission indépendante? Peut-on faire revenir le Commissariat Général du Plan et la DATAR qui ont façonné la France d'aujourd'hui ?

Osons nous doter d'un vice-Premier ministre à la prospective !
Considérant que la préparation des enjeux de 2050 transcende les portefeuilles et les échelles géographiques, la sortie de crise réclame un organisateur dépolitisé pour un débat national constant sur les "futuribles" (les futurs possibles). Nicolas Hulot proposait dans son pacte écologique de 2007 un vice-Premier ministre au développement durable. Il faut aller encore plus loin.

Regroupant auprès de lui toutes les cellules de prospective ministérielles existantes, ce Vice-Premier ministre à la prospective recouperait donc la futurologie industrielle, écologique, économique, géographique, sociale et internationale pour identifier les méta-trajectoires de la mondialisation et orienter la France d'aujourd'hui pour conduire l'économie mondiale de demain.

A travers l'expérimentation tant technique que politique, il s'inspirerait de l'assemblée constituante islandaise (Stjórnlagaráð, 2011) et d'Opengov, entre autres, pour répondre à l'appel du renouvellement générationnel et de la féminisation de la recherche. Il enclencherait des processus institutionnalisés de démocratie participative pour bâtir de nouveaux modèles d'intelligence collective.

Constitutionnaliser pour imaginer sans idéaliser

C'est parce que la prospective est une méthode de gouvernance et non un outil temporaire qu'il serait nécessaire de constitutionnaliser cette fonction pour assurer sa pérennité. La nomination du Vice-Premier ministre par le Premier ministre le serait pour la durée de la mandature. Elle pourrait être soumise à validation par le Parlement, sur le modèle des commissaires européens. Puis, le Vice-Premier ministre serait soumis seul, chaque année, à un vote de confiance joint et simultané des 925 parlementaires et des 233 conseillers du CESE sur la base de son rendement orientations/financements/recherche/propositions.

Constitutionnellement désolidarisé du Premier Ministre, le Vice-Premier ministre pourrait donc êtrede facto dépolitisé vis-à-vis des affaires courantes. En cela, il aurait pour mission de corriger les limites du bicéphalisme à la française: dépoussiérer la matrice idéologique par un dialogue d'union nationale conduit hors du temps politique rythmé par l'échéance électorale.

Le gouvernement ne s'y trompe pas: ce n'est qu'en se réinventant par l'avenir que la France pourra rebâtir une culture de l'excellence, vitrine de sa singularité dans la mondialisation. A lui maintenant d'y mettre les moyens comme l'Allemagne, la Corée du Sud, l'Australie et les pays nordiques. Au-delà des efforts vains sur 2017, 2020, 2025 ou 2030, ce n'est qu'en revenant à l'"attitude prospective" de Gaston Berger et Bertrand de Jouvenel que la France pourra exister dans la future guerre de la très haute valeur ajoutée. N'oublions pas que la France ne serait la France sans sa culture du sursaut d'orgueil…

Mika Mered | 30/09/2013, 14:10

La Corée du sud veut rendre intelligents tous ses réseaux électriques d'ici 2030

L'île volcanique de Jeju, en Corée du Sud, un lieu de tourisme, de villégiature et d'expérimentation grandeur nature de réseaux électriques « intelligents ». / DR

La Corée du Sud veut convertir tous ses réseaux électriques au smart grid, un ensemble de technologies qui visent à optimiser la production, la distribution et la consommation d'électricité. Alors que le premier test grandeur nature vient de se terminer, les entreprises engagées dans l'expérience expriment des réserves.

C'est un endroit ravissant mais improbable qu'a choisi la Corée du Sud pour sa première expérience grandeur nature de smart grid : son île volcanique de Jeju, située à l'extrême sud de la péninsule. Dans ses petits villages côtiers, où les femmes continuent de pratiquer la pêche aux coquillages en apnée, 2000 foyers ont été connectés à ces réseaux électriques dits « intelligents ».

« C'est la plus grande expérience de smart grid au monde pour le nombre de technologies rassemblées », s'enthousiasme Lee So-yun, l'une des responsables du projet de Jeju, qui a débuté en 2009 et s'est conclu en mai 2013.

Pour les utilisateurs, le principe est simple : le prix de l'électricité change toutes les cinq minutes en fonction de la demande. Un compteur « intelligent » et une interface de type tablette, installés dans les foyers, permettent d'adapter la consommation de chaque appareil électroménager. Ainsi, quand le prix de l'électricité dépasse un certain seuil, un frigo passe en mode économie et cesse, par exemple, d'être éclairé, tandis qu'une « smart-machine à laver » ne fonctionnera pas tant que le prix ne sera pas redescendu. Le principe de ces technologies est de rendre les consommateurs plus responsables, en leur donnant accès, en temps réel, à la consommation de chacun de leurs appareils. Le contrôle peut être réalisé à distance, par l'intermédiaire d'un téléphone portable.

Un marché de vente et d'achat en temps réel

« Le smart grid, c'est vraiment très bien. Mes voisins disent avoir divisé leur facture d'électricité par deux ! », assure Ko Seok-hun, un habitant du village de Woljeong, qui regrette de n'avoir pas été choisi pour participer à l'expérience.

Tous les participants au projet n'ont pas partagé cet enthousiasme. Si aucun résultat officiel n'a encore été publié, « les évaluations préliminaires officieuses montrent des économies d'énergie légèrement supérieures à 10 % », annonce Jerry Yang, chef d'équipe au Korea Smart Grid Institute, l'établissement public chargé de piloter le projet. « Nous avons organisé des formations pour apprendre à utiliser ces nouveaux appareils, mais tout le monde n'est pas encore prêt. »

L'expérience de Jeju a aussi permis de tester de nombreuses autres technologies de smart grid, qui permettent notamment de minimiser les pertes le long des infrastructures de distribution, d'intégrer au réseau diverses sources d'énergies renouvelables et de gérer un marché de vente et d'achat d'électricité en temps réel. Les compteurs domestiques permettent ainsi de revendre l'électricité produite par les maisons individuelles équipées de panneaux solaires. Plusieurs modèles commerciaux de marché de vente et d'achat d'électricité ont été mis à l'essai.

« Nous avons testé 45 business models et quatre systèmes de tarification différents, se félicite Lee So-yun. Le gouvernement choisira ensuite lequel convient le mieux. »
La Corée du Sud a prévu d'installer des réseaux smart grid dans plusieurs villes à partir de 2014, avant de diffuser ces technologies sur l'ensemble du territoire d'ici à 2030. Le pays, qui ne dispose d'aucune énergie fossile et doit importer 97% de ses besoins énergétiques, place de grands espoirs dans ces technologies. Séoul estime, d'ici à 2030, pouvoir réduire ses importations énergétiques de 31 milliards d'euros, économiser 2 milliards d'euros sur la construction de nouvelles centrales et créer 1 million d'emplois.

Des estimations trop optimistes ? « Certes, ces chiffres semblent très élevés, reconnaît Jerry Yang. Mais nous nous attendons à l'émergence de nombreux nouveaux business. »

Pour le privé, quel retour sur investissement ?
Pour réussir son pari, le gouvernement demande le soutien des grandes entreprises sud-coréennes du secteur des NTIC. Ce sont elles qui ont financé la plus grande partie de l'expérience de Jeju : le projet a coûté 170 millions d'euros, dont 115 millions ont été apportés par le secteur privé. Cent soixante-huit entreprises ont participé à l'expérience.

Or, celles-ci cachent de moins en moins leurs réserves. Selon un sondage réalisé en mai par la Korea Smart Grid Association, un tiers seulement des 122 entreprises interrogées se disent optimistes quant à l'avenir du secteur. Au centre des inquiétudes : les lois et les standards que devra adopter le gouvernement pour réguler ces marchés d'électricité en temps réel.

« Toutes les technologies existent déjà. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un marché. Mais nous ne sommes pas du tout sûrs que le gouvernement va adopter un modèle commercial qui soit rentable pour nous », explique Yoo Byung-chun, de la division Green Business du conglomérat SK Telecom, l'un des principaux investisseurs privés de l'expérience de Jeju.
SK est le premier opérateur de téléphonie mobile du pays ; l'entreprise espère s'appuyer sur son énorme base clientèle et sur son savoir-faire en matière de télécommunications pour développer de nouveaux marchés dans le domaine des smart grids.

Or, en Corée du Sud, le prix de l'électricité est maintenu artificiellement bas par l'opérateur public Kepco, en situation de monopole et qui accumule les pertes.

« C'est un problème de volonté politique. Si le prix est trop bas, les consommateurs ne sont pas incités à avoir recours à ces nouvelles technologies. Nous voulons que le gouvernement ouvre le marché de l'électricité », poursuit Yoo Byung-chun.

Car le succès des smart grids dépendra de l'attitude des consommateurs. Dans cette perspective, le choix de l'île de Jeju a été très critiqué : « C'est le pire des endroits pour un tel test. C'est une zone rurale, avec une population plutôt âgée : leur consommation d'électricité est déjà extrêmement faible », regrette Yoo Byung-chun, qui tempère : « Même si les résultats de Jeju sont mitigés, c'est un bon point de départ. Le projet a permis d'intégrer des technologies très variées. »

Frédéric Ojardias | 30/09/2013, 11:54

Computer grading will destroy our schools

Feeding essays into a computer program tells students: No one cares what you have to say

(Credit: DNY59 via iStock)


As you know if you teach at a U.S. public school – or even if you just read the June 2013 New York Times feature about it – a consortium of state boards of education recently decided that we should have uniform standards about what we teach our kids. Hence, the alliteratively-named “Common Core curriculum” is here. While you probably know that this curriculum is going to bring with it an increase in standardized testing, what you might not know is that the curriculum is also going to bring with it a strong push to have computers grade student writing. As I write this, about a half-dozen companies are vying for government contracts to do just that. Each of them has brought together a team of statisticians, linguists and computer programmers to produce the best possible software capable of automatically grading essays.

The reason for the push is both grim and obvious: money. Now that our schools are going to have more standardized tests, there are going to be more student paragraphs that need grading. Grading written work is laborious and time-consuming and, from a school board’s point of view, expensive. What computers offer is the ability to do this task faster and – once they are up and running – more cheaply. To be fair to the school boards, assuming the computer programs work, doing this task more efficiently could yield some benefits. It would lift a significant burden from the harried, overworked and underappreciated group of teachers and grad students we currently pay to grade standardized tests. But I suspect that, for most people, the thought of a computer “reading” essays is reflexively anxiety-provoking. It brings out the inner Luddite. Are we really supposed to believe that a machine can do just as good a job as a human being at a task likereading?

“Text analysis,” as computer programmers call it, is the process by which computers are able to grade essays. Text analysis employs techniques called machine learning to accomplish this feat – in particular, it uses supervised (vs. unsupervised) machine learning. The difference is that, in supervised machine learning, the computer’s grades are originally derived from – and then cross-checked against – the grades given by actual human beings. The unsupervised process, by contrast, tries to skip the human beings altogether.

The way supervised machine learning basically works is this: The computer treats the student’s essay as though it were just some random assemblage of words. Indeed, the jargon term for the main analytical technique here is actually “Bag of Words” (the resonance of which is simultaneously kind of insulting and weirdly reassuring). The program then measures and counts some things about the words that the programmer thinks are likely to be correlated with good writing. For example, how long is the average word? How many words are in the average sentence? How accurate are the quotations from the source text, if any? Did the writer remember to put a punctuation mark at the end of every sentence? How long is the essay?

The programmer then “trains” the computer by telling it the grades assigned by human graders to a “training set” of essays. The computer compares – mathematically – the various things it has measured to the grades assigned to the essays in the training set. “Johnny’s essay had an average word length of 5 letters and an average sentence length of 20 words. The human told me that Johnny gets a B+. Now I know that much about essays that get a B+.” From there, given an average word length, sentence length, word frequency and so on, the computer is able to calculate the probability that a given student essay would receive a particular grade. When it encounters a new essay, it can take the things it knows how to measure, and – based on what it learned from the grades assigned to the training essays – simply assign the most probable grade.

It turns out that this works surprisingly well. Shockingly well. What we might think of as totally surface-level or accidental features – like having more words per sentence – are actually correlated very strongly with earning better grades. Statistical analyses, at least, tell us that machine-learning techniques perform just as well as human beings – that is, their grades for new essays are the same or similar a huge majority of the time. Plus there are some ways in which the computers might actually be better. The people who presently do essay grading for tests like the AP English exam work long hours and have to grade essay after essay. Unlike computers, they get tired and irritable and bored. Also unlike computers, they come pre-equipped with a whole bunch of biases. These little nuisances and irritations, we might hope, will wash away if we instead let a computer sort unfeelingly through the bag of words.

But, alas, it isn’t so. Since the process by which the computer “learns” is anchored to grades assigned by human beings – the training set teaches the computer what kinds of grades we tend to give to what kinds of essays – the tiresome, unsexy little things that make us imperfect are built right into the system. For instance, if the graders who grade the training set tend to strongly penalize nonstandard uses of English – including nonstandard uses more common among racial minorities – so too will the machine. The computer will operationalize, and then perpetually reinstate, the botherations and biases we feed it. The best strategy, thus, will be to use mechanized, look-alike writing, which will be tautologically defined as good writing because it is associated with receipt of a good grade.

One obvious problem is that if you know what the machine is measuring, it is easy to trick it. You can feed in an “essay” that it is actually a bag of words (or very nearly so), and if those words are SAT-vocab-builders arranged in long sentences with punctuation marks at the end, the computer will give you a good grade. The standard automated-essay-scoring-industry response to this criticism is that anyone smart enough to figure out how to trick the algorithm probably deserves a good grade anyway. But this reply smacks of disingenuity, since it’s obvious that the grade doesn’t reflect what it’s “supposed to” – namely, the ability to write a reasonably high-quality essay on some more or less arbitrary topic.

Another slightly less obvious problem is that, since the computer is just measuring and counting, it can’t actually give you meaningful feedback or criticism. It has no idea what big-picture themes you were exploring, what your tone was, or even what you actually said. It just tries to approximate the score you should get – that is, it tries to put you into a little box. While this kind of box-sorting is fine for literal grading, it doesn’t really help with teaching you to be a better writer.

There are other problems, too. A former professor at MIT named Les Perelman has pointed out that the way the automated-essay-grading companies are analyzing their software’s performance is unfairly biased toward the machine. Perelman’s paper, although eye-glazingly dense in data analysis, notes that while a human grader’s reliability is checked by comparing his or her grades to someone else’s, the machine’s reliability is checked against a resolved grade, which reflects the judgments of multiple human readers. But the standard statistical measure of agreement, called Cohen’s Kappa, is – as Perelman puts it – “meant to compare the scores of two autonomous readers, not a reader score and an artificially resolved score.”

There is a deeper issue, though, to which I suspect many people’s thoughts will have jumped immediately: the idea that reading and writing are uniquely human, and that our ability to do these things is part of what separates us from machines. Show me the most robust correlations in the world, and still I will show you – the horror! the horror! – a robot doing something I had firmly believed only a human could do.

While it may be tempting to dismiss these reactionary worries as empirically ill-informed, I think we should resist. There is, at the end of the day, something soul-shakingly serious about these feelings. The grandiose concepts they invoke – like “the place of humankind in nature” – are banalified and overused now, but I think it’s worth taking them seriously. If computers can do things that we thought only human beings could do, can we continue to think of ourselves as unique? If computers can carry out operations that we thought only the human mind could carry out, are we forced to think of our minds as essentially mechanical? I know these are heady questions, but I don’t mean to ask them as an invitation to fatuous navel-gazing. I just mean that when I honestly contemplate computers reading essays, they just sprout up, as insistent as nettles.

Here, then, is my attempt at an answer: Human beings possess an extraordinary set of intellectual capacities that are not replicable by any combination of computational techniques, no matter how sophisticated. These capacities are those that we traditionally think of as belonging to – and representing the achievements of – (no pun) the humanities. What computers will never do, that is, is create original works of art as emotionally rich, thematically evocative or aesthetically stunning as those created by human beings. There is, in other words, no set of computational techniques capable of mirroring the intelligence we use in creating original artistic works, especially those that reach our deepest emotional depths.

Some people may hasten to respond that apparently I am ignorant of what is already out there. There is, for instance, a program written by David Cope, a music professor at UC Santa Cruz, capable of engineering new works of classical music that sound just like those by, say, J. S. Bach. Indeed, Cope’s program is so artful in its imitations that trained classical musicians have mistaken its compositions for works by the laureled master himself. Cope’s software treats all common features of two musical works as indicators of “style,” measured along several dimensions, including rhythm, melody and harmony. The program then uses that information – plus certain randomizing and recombining functions – to create new compositions. Give it a database of any classical composer’s works, and it can create a pretty convincing mimesis.

In addition, there are programs that can write books. For instance, some algorithms can generate new novels in certain well-established and trope-defined genres like the whodunit or Harlequin romance. These programs, like Cope’s software, find common features of their target genre – character traits, mytharcs, sentence structures – and then recombine them. There is even a program developed by Russian computer scientists that has written its own take on “Anna Karenina” in the style of Haruki Murakami. After performing an extensive analysis of data about each of their books, it produced a novel called – I am not kidding – “True Love.”

If there are several things out there today that look an awful lot like a computer writing an interesting novel or composing a beautiful piece of music, doesn’t that suggest that, someday, a computer might succeed in creating truly moving artwork? Isn’t success, then, really just a matter of highly subjective artistic sensibilities? Indeed, isn’t this whole reaction against artificial intelligence (AI) just a rehash of the sniveling, woeful, “our culture-has-reached-its-nadir” nonsense that holds that the true humanities are beyond the comprehension of the plebes? The same “sweetness and light” nonsense that Matthew Arnold was peddling in 1869, when he argued that our culture would, by neglecting the humanities, “fall into our common fault of overvaluing machinery?”

No. And no for a simple reason. None of these programs can do the thing I’m talking about. In other words, they are, all of them, cheating. Not because there are not enormous intellectual challenges in getting a computer to imitate a great artist. But simply because miming another’s style is not the same thing as original, spontaneous creation. Sorry to be harsh, but it’s true: It is totally obvious that, given enough data about Bach’s piano concertos or Murakami’s literary idiosyncrasies, it is possible to manufacture a convincing imitation. But this is just categoricallynot the same kind of intelligence as that required to create artistic works of one’s own.

What AI is actually using is data analysis, modeling and measurement, which are, of course, good tools for mimicking works that already exist. But it is only by redefining the goal that this counts as success. There is another domain of human cognition, a creative domain, that draws on a different set of capacities altogether – intuition, aesthetic judgment, emotional awareness and self-expression. Spontaneous creation requires these capacities; mimicry through data-crunching can dispense with them. Show me a computer that engages them.

By its very nature as a pre-programmed device, a computer needs a human being to interpret its acts, which are themselves structured by its human creators. A computer has no long-shuttered pains, no treasured memories, no unhealed heartache, no silly childhood fondnesses, no snarled complexes about its parents, no sexual ecstasy – in short, nothing worth writing or painting or singing about at all. To do as we do, the computer would be forced to approximate all of the messiest parts of human experience – what Freud called the unconscious – through some mind-bogglingly complex amalgam of methods, the functional equivalent of living its own human life. If such a task is not actually impossible, it is so monstrously difficult that it might as well be.

So what? What does this have to do with automated essay grading or standardized testing or the fate of children in the U.S. public education system?

If you’re persuaded by what I’ve said about the limitations of AI, it follows that, as long as automated essay grading is around, the trend toward the mechanization of student writing is not going to change. The present state of automated essay grading is not just some stopgap measure until we can get better robots. It contains, subject to certain tweaks, all the essential elements of the full-blown future itself. In that future, not even the simulacrum of human responsiveness will be available on many of our most important assessments of writing. The apex of the academic year will be a test of writing that no human being will ever read, care about or feel anything for.

Thus, our culture will stop engaging with students on those very aspects of the humanities that make them worth studying in the first place. We are going to end up with a system that dispenses rewards in a way that is indifferent to – and divorced from – the most alluring parts of the humanities, those creative capacities that they let us engage. If our instruction in the humanities necessitates ignoring these abilities, then it is my opinion that there no longer is much point to teaching the humanities at all, and we should end the charade. In other words, if this kind of mechanized, standardized-test-friendly drivel is all we can offer our children as “the humanities,” then who cares about the humanities?

Once the use of automated essay grading becomes common knowledge, the implicit message will be hard to miss. For any self-aware, warm-blooded American teenager, the conclusion will be all but inescapable: Nobody cares what you have to say. It could be brilliant and moving; it could be word-salad or utter balderdash; it really doesn’t matter. Content, feeling, creativity, thematic depth – none of it matters. Today’s students will recognize this; they will react to it; and it will inform who they grow up to be. Indeed, I confess that if I were a teenager, my response would be the same as theirs – the selfsame response that we tend to associate with (and dismiss as just) teen angst. What is the point, after all, in being rewarded by a system that doesn’t care who you are? If no one is going to read the essays, we might as well rip them up.

But in truth, what is to be done? After all, don’t we need guidelines about what our kids should be learning in school, especially if we’re going to entrust them to it many hours a day? Are we really to believe that the answer is to let them do some wishy-washy, personal-feelings writing or painting and hope it will teach them the skills they need? What part of that is going to be useful for getting a job?

But this is precisely the problem. We have become so veritably obsessed with the ideas of performance and achievement and rank that we have let ourselves completely lose sight of the things we cared about in the first place. We try to subsume the qualifications for everything – even disciplines where right and wrong are not only subjective, they are immaterial – under neat, mechanized, formal criteria. Have we forgotten the feeling of naïve, impractical fascination? Have we forgotten that we, too, once were interested in things just because they grabbed our attention? Trying ferociously to kindle that spark with the needs of the “21st-century job market” or anxieties about GPAs is, of course, only going to extinguish it.

The deepest reason to get rid of automated essay grading is not that the statistical correlations aren’t good enough yet (this is fixable) or that one can cleverly trick the computer (this is true, but not the root issue). The reason to get rid of automated essay grading is that the whole pointof doing something like writing an essay is to learn to engage on a level that machines cannot participate in or really appreciate. It’s to use the other part of your mind in an effort to communicate with other people. That, the profound and joyous sense of recognition that comes from communication, is the thing worth teaching, and it is the thing worth learning. We should put aside the pretensions of objectivity and practicality and get back to the part that really matters. It is time for us to slacken our grip.

BY BENJAMIN WINTERHALTER

http://www.salon.com/2013/09/30/computer_grading_will_destroy_our_schools/

Europe : la propriété intellectuelle, garante de l'économie et l'emploi

D'après une étude

Le droit de propriété intellectuelle était à l'honneur ce matin suite à la publication d'un étude réalisée par l'Office européen des brevets et l'Office d'harmonisation dans le marché intérieur.Secteurs à forte intensité de droits de propriété intellectuelle: contribution aux résultats économiques et à l'emploi dans l'UE permet de mieux mesurer l'importance du DPI dans l'économie de l'Union.



Russ and Lori, CC BY 2.0

Au sein de l'Union européenne, l'activité économique représentant 4700 milliards € annuellement est alimentée à 39 % par des secteurs où le DPI est très présent. On compte ainsi 26 % d'emplois directs, soit 56 millions, et 9 % d'emplois indirects dans ces domaines, parmi l'ensemble des emplois au sein de l'UE. Dans ses grandes conclusions, l'étude montre que la rémunération moyenne dans les secteurs à forte intensité de DPI dépasse de plus de 40 % celle des autres secteurs.

En outre, parmi les domaines où le DPI est particulièrement important, est évidemment cité l'édition de livres, au travers du droit d'auteur - avec la fabrication d'outils à main moteur, les produits pharmaceutiques ou encore montres et horloges ou les produits laitiers, si, si.

Le secteur industriel recourant au droit d'auteur représenterait 7,049 millions d'emplois directs en Europe, soit 3,2 % de l'ensemble de l'emploi et 2,331 millions en emplois indirects.

L'Union européenne dans son ensemble enregistrait un déficit commercial d'environ 174 milliards d'euros, soit 1,4 % du PIB. Étant donné que les industries grandes utilisatrices en DPI dans leur ensemble représentent une part plus importante dans les exportations de l'Union que dans ses importations, elles ont une influence positive sur la situation commerciale de l'Union européenne.

L'Union européenne enregistre un déficit commercial dans les produits grands utilisateurs de marques et brevets, qui est partiellement compensé par des excédents commerciaux dans les secteurs grands utilisateurs de droits d'auteur, de dessins et modèles et d'indications géographiques.


Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services, explique : « Je suis intimement convaincu que les droits de propriété intellectuelle jouent un rôle éminemment important dans la stimulation de l'innovation et de la créativité, raison pour laquelle je salue la publication de cette étude qui confirme que la promotion des DPI est corrélée à la croissance et à l'emploi. Cette nouvelle contribution va nous permettre de continuer à étayer nos politiques sur des éléments concrets. Elle nous enseigne que les droits de propriété intellectuelle sont omniprésents: qu'il s'agisse des industries de pointe ou des fabricants d'articles de sport, de jouets et de jeux vidéo, tous ces secteurs font largement appel, souvent non pas à un seul, mais à plusieurs types de droits de propriété intellectuelle.»

De son côté, Benoît Battistelli, le président de l'Office européen des brevets, souligne que « ce rapport montre que l'avantage conféré par les brevets et les autres DPI ne relève pas de la simple théorie économique. Pour les entreprises innovantes, les actifs incorporels ont acquis une importance capitale. Pour les PME en particulier, mais également pour les centres de recherche et les universités, les brevets ouvrent souvent la porte aux capitaux et aux partenaires commerciaux. Pour rester compétitive dans l'économie mondiale, l'Europe doit continuer à encourager la mise au point et l'utilisation de nouvelles technologies et innovations ».

« Cette étude est le résultat d'une étroite collaboration entre des experts issus de différents pays et agences, qui se sont appuyés sur une méthodologie transparente et reproductible. Elle a eu pour but d'examiner dans quelle mesure les secteurs à forte intensité de DPI influencent l'emploi, le PIB et les échanges dans l'UE. Nous avons là une réponse claire. Ces secteurs ont une influence, une influence forte », conclut António Campinos, le président de l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur.



Le lundi 30 septembre 2013 à 14:18:18

Comprendre les jeunes à l'époque numérique

Pas facile, de comprendre un jeune, en règle générale

L'institut d'étude Nielsen Book a dévoilé la semaine passée combien les jeunes lecteurs sont de plus en plus détournés de la lecture par les applications ou encore les vidéos sur YouTube et l'envoi de SMS. Ils restent encore 32 % à lire chaque jour et 60 % de manière hebdomadaire. Sauf que tous ces chiffres sont en régression par rapport à l'année passée. Douloureux constat.

stewart CC BY 2.0


Mais à l'occasion de la Bookseller's Children's Conference qui se déroulait le 26 septembre, l'étude a été plus entièrement dévoilée. Understanding the Children's Book Consumer in the Digital Age, commentée par Jo Henry, directrice de Nielsen Book Scan, devient réellement alarmiste.

« Cette chute est la plus spectaculaire dans le domaine de la lecture (prenant en compte un contexte où le nombre de livres achetés pour les jeunes de moins de 17 ans a chuté de 8 %). Pour la première moitié de l'année 2013, cela donne à réfléchir à toute personne impliquée dans l'édition jeunesse, en particulier dans les derniers temps de cette période, qui a connu le plus grand déclin. »

La seule chose positive dans l'ensemble de l'étude apparaissait dans l'intérêt que les plus jeunes peuvent manifester vis-à-vis de la lecture numérique. Entre 25 et 33 % des enfants ont lu des livres numériques, tandis qu'une proportion significative des 14/17 ans lit uniquement en numérique.

« Le défi pour les éditeurs est de trouver un contenu frais et attrayant pour rivaliser avec les divertissements - principalement le jeu et la communication avec leurs camarades - qui sont de plus en plus attractifs et suscitent l'intérêt des enfants dans ces tranches d'âge », conclut Jo Henry.

via The Bookseller

Le lundi 30 septembre 2013 à 16:26:01

Supergeo and IIES Establish GIS and Remote Sensing Lab at Kuwait University

Supergeo Technologies, a leading global provider of complete GIS mapping software and solutions, cooperates with IIES (International Integrated Environmental Services Ltd) to establish a whole new Postgraduate GIS and Remote Sensing Laboratory at Kuwait University.

The new SuperGIS Lab will bring positive research results of geographic information and remote sensing technologies, as well as facilitating a closer academic-industrial collaboration among Kuwait University and two companies for achieving a variety of GIS projects.

Due to the great support from Supergeo and IIES, the laboratory was successfully established and served to spread the complete knowledge of GIS, cultivate young GIS talents, and facilitate better resource and knowledge exchange for the local government agencies, educational institutes, and businesses.

Through learning and using the professional GIS software, the postgraduate faculty is equipped with the latest GIS technologies. This would stimulate the development of academic research and hands-on experience related to GIS applications, consequently increasing the productivity and competitiveness on the domestic job market for the postgraduate students in the region.

Supergeo and IIES plan to offer advanced product training program at Kuwait University and share the best practices with the users in order to aggressively encourage the use of SuperGIS solutions. As IIES is deemed as one of the most important partners for Supergeo to develop in the Middle Eastern countries, the two companies will also co-host more GIS events in the Middle East soon.

More information about Supergeo, please visit: http://www.supergeotek.com/

More information about IIES, please visit: http://iies-kw.com/en-us/home.aspx

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About Supergeo

Supergeo Technologies Inc. is a leading global provider of GIS software and solutions. Since the establishment, Supergeo has dedicated to providing state-of-the-art geospatial technologies and comprehensive services for customers around the world. It is our vision to help users utilize geospatial technologies to create a better world.

Supergeo software and applications have been spread over the world to be the backbone of the world’s mapping and spatial analysis. Supergeo is the professional GIS vendor, providing GIS users with complete GIS solutions form desktop, mobile, server to Internet platforms.

Enseignement Supérieur et formation continue

Grandes écoles et universités sont ouvertes à tous les salariés qui souhaitent évoluer.

Il n’est jamais trop tard pour intégrer une grande école ou suivre une filière universitaire. L’enseignement supérieur s’est ouvert depuis longtemps aux salariés pour leur offrir des parcours adaptés, avec la possibilité de décrocher des diplômes ou des certifications reconnus.


Un phénomène qui impose souvent aux candidats une participation personnelle. « Les formations du supérieur coûtent cher. Il faut donc investir du temps pour monter ses dossiers de financement et il arrive fréquemment qu’il faille mettre de l’argent de sa poche. Cela met également le salarié face à ses responsabilités et démontre sa motivation », indique Catherine Viala Marlier, directrice du programme MBA à l’ESC Montpellier. À l’école Centrale Paris, « les prix pratiqués sont vus comme un investissement, créateur de performance pour l’individu et créateur de valeur pour l’entreprise », explique Florence Durand, directrice de Centrale Paris Executive Education.

Même les universités, longtemps concentrées sur le monde étudiant, se sont ouvertes aux entreprises ou aux personnes en activité voire demandeurs d’emplois. «Tous les salariés qui souhaitent se former doivent se rendre dans l’université voisine. Elles disposent forcément d’un environnement pédagogique de bon niveau », insiste François Germinet, le président deCergy-Pontoise. « Il faut prendre conscience du fait que nos établissements sont d’ores et déjà partenaires des entreprises dans la mise à niveau ou dans l’évolution des compétences de leurs collaborateurs ainsi que dans l’innovation avec la création de nouveaux parcours pour les emplois de demain. » Avantage non négligeable : les champs disciplinaires sont couverts et les prix pratiqués sont généralement dans la fourchette basse du marché.

Grande école
Les grandes écoles se sont quant à elles lancées très tôt sur le marché professionnel. Force est de constater que cela fonctionne bien et un salarié qui n’a pas eu la chance de suivre une filière prestigieuse peut rattraper le retard en intégrant de très belles marques. « Notre force, c’est d’avoir des programmes de recherche avec des professeurs de renommée internationale et des échanges partout dans le monde. Tous ces éléments font la différence », résume Jean Claude Taggère, de SKEMA Business School. Et même si le diplôme vise des objectifs très différents, le label “grande école” attire encore de nombreux candidats.

ReconnaissanceDans les institutions prestigieuses, de commerce ou d’ingénieurs, la sélection s’opère bien plus sur l’expérience que les savoirs fondamentaux. « Les objectifs de la formation continue sont très différents de ceux de la formation initiale. Les parcours proposés et la finalité du programme ne visent pas vraiment les mêmes buts. En conséquence, les diplômes ne sont pas rigoureusement identiques », commente Christian Henry, directeur du développement de l’ESC Troyes.
Indéniablement, le besoin de reconnaissance est un levier important pour de nombreux candidats. « Un diplôme type MBA est clairement une manière d’être reconnues pour des personnes ayant débuté en bas de l’échelle », rappelle Alain Kruger de l’ESG. « En France, le fait de ne pas être diplômé peut être un phénomène bloquant, notamment pour des postes élevés alors même qu’on a fait la démonstration de son talent. »

Plus souple, la formation continue au sein des grandes écoles permet de bénéficier d’une palette assez large de diplômes. Du mastère spécialisé au MBA en passant par des sessions courtes, les candidats peuvent véritablement trouver le parcours qui leur convient. « En plus des connaissances, nos programmes favorisent les échanges de bonnes pratiques et de retours d’expériences entre les participants. C’est aussi ce que viennent chercher les professionnels », ajoute Florence Durand. Tisser son propre réseau relationnel fait incontestablement partie des avantages de ces filières en grandes écoles.

Une dimension essentielle dans les secteurs émergents comme le numérique qui recrute de manière importante. « La formation continue est indiscutablement un moyen pour changer d’orientation et s’engager dans une discipline très porteuse », explique Rémy Galland, PDG de l’Ecole Multimédia à Paris, qui forme quelques centaines de stagiaire chaque année. « Nous sommes quand même dans un secteur qui a pour avantage de garantir un emploi ! ».

VAE
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est également une dimension mise en avant par de nombreuses institutions. Une chance de rattraper le temps perdu et d’obtenir une reconnaissance de son parcours. Le principe est simple : en faisant reconnaître ses compétences acquises, un établissement peut attribuer un diplôme selon une procédure normalisée. « Cette procédure est très intéressante pour celles et ceux qui veulent changer d’entreprise ou évoluer. Disposer d’un diplôme reconnu sur leur CV les aide indéniablement », souligne Eric Lalitte, directeur d’IN’TECH INFO (groupe ESIEA). Payant, ce dispositif confronte les compétences acquises et celles nécessaires à l’obtention du diplôme. Un jury est chargé d’attribuer le fameux Sésame. G.A.

TEMOIN
« Les financeurs privilégient les stages courts »
Alain GONZALEZ, UPMC

Dans quels domaines votre université s’implique-t-elle ?

L’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) comme l’ensemble des universités ouvre son offre de formation diplômante au public “adulte”. Nous avons également une importante activité de stages courts qualifiants à destination d’entreprises, tant en intra qu’en inter. Nos formations et nos stages couvrent de nombreux domaines : santé, médecine, bio, chimie, informatique, électronique, mécanique ….

Les salariés sont-ils “bien” accueillis à l’université ?
Nous nous attachons en permanence à renforcer l’accueil des publics concernés par nos actions. L’accompagnement à la reprise d’étude est une activité pleine et entière dont la finalité est la réussite de nos stagiaires.
Les stages courts sont appréciés car ils offrent des moments d’échange avec la communauté scientifique de l’université.

La VAE : est-ce une piste à creuser ?
À l’UPMC la VAE est une réalité même si nous pensons qu’il faut encore accroître son développement. Il faut sûrement mieux associer la VAE à la gestion des compétences qui se met en place dans les entreprises. À nous de trouver les moyens d’en faciliter l’accès.

Le financement est-il encore aisé pour les salariés ?
Concernant la VAE, le financement pose moins de problèmes. La Région Île-de-France, le Fongecif ou Pôle emploi accompagnent financièrement les candidats. En revanche, s’agissant de formation professionnelle continue, les financeurs privilégient les stages courts qui touchent peu les universités. Les formations longues, y compris de haut niveau, sont jugées à tort comme peu professionnalisantes et trop éloignées du retour à l’emploi.


Dossier réalisé par G.A

L'éducation à l'heure des réseaux




Cette fois, ça y est ! L’éducation semble rencontrer pour de bon le potentiel des réseaux numériques. Nouveaux acteurs, nouveaux enjeux, nouveaux défis : PLAYER fait le tour de l’éducation en mode réseau en 2013, et au-delà…

Le numérique frappe depuis longtemps à la porte de notre système éducatif : l’association Enseignement public et informatique a été fondée dans les années 1970. Mais il s’apprête à le faire voler en éclats et à chambouler bien des certitudes et des conservatismes qui, de la maternelle au doctorat, interdisent toute réforme significative venue d’en haut. La raison en est simple : l’un des écosystèmes les plus innovants au monde, si ce n’est le plus innovant, s’est emparé du sujet. Du nord au sud de la Silicon Valley, universités, entreprises et centres de recherche publics ou privés ont inscrit l’éducation sur leurs agendas, à égalité avec les autres priorités du moment – nanotechnologies, génome à 300 dollars, biotechnologies, énergie… Un tsunami s’annonce. S’il produit sur l’éducation les mêmes effets que sur les industries de la presse, du disque ou de la distribution, trois conséquences affecteront demain les enseignements primaire et supérieur, et après-demain l’enseignement secondaire : un changement de modèle économique impliquant une baisse des tarifs sur certains services ; une prise de pouvoir du « consommateur d’école » aux dépens du « citoyen usager du service public » ; et une montée en puissance des organisations collaboratives au détriment des structures pyramidales archi-hiérarchisées.

SUPÉRIEUR

Ces changements affecteront en premier lieu l’enseignement supérieur. Parce qu’il est déjà structuré en marché. Parce que le secteur privé y est dynamique et s’est construit, depuis ses origines, sur sa capacité à proposer des approches pédagogiques disruptives. Parce les ordinateurs, tablettes et smartphones ont déjà envahi amphis et salles de TD alors qu’ils restent le plus souvent dans les cartables au collège et au lycée. Parce que nombre d’établissements ont effectué les indispensables investissements matériels. Parce que le lien avec le marché de l’emploi permettra très vite de prouver – ou non – l’efficacité de telles innovations. Enfin, parce qu’une partie minoritaire mais hyperactive et influente du secteur vit à l’heure de la mondialisation.

Les signes annonciateurs de la révolution sont déjà perceptibles et ne concernent pas seulement l’engouement pour les MOOC (massive open online courses), qui méritent attention et encouragements mais sont à l’innovation pédagogique ce que Pong est à World of Warcraft en matière de jeu vidéo, puisque le MOOC se contente d’actualiser la forme la plus traditionnelle de pédagogie : celle du cours magistral. Écoles de commerce, d’ingénieurs, de design, sont déjà en train de diversifier leur mode de recrutement et leur organisation pédagogique pour y intégrer les fondamentaux de la révolution numérique et de l’innovation. On commence à enseigner le design thinking. Des formations mariant commerce, technologie et conception voient le jour, comme par exemple la Web School Factory à Paris. Certaines écoles, comme la France Business School, renoncent aux concours traditionnels pour aller chercher les talents ailleurs que dans le vivier formaté des bacheliers S mention très bien. Les « fab labs » se multiplient. Des écosystèmes se structurent afin qu’enseignement, recherche et entrepreneuriat se fertilisent mutuellement, de Troyes à Saclay en passant par Grenoble. Des missions à caractère humanitaire entrent dans les cursus afin de nourrir l’empathie et l’intelligence émotionnelle des étudiants.

MODÈLE(S) ÉCONOMIQUE(S)

Le supérieur est donc prêt à aborder la révolution qui vient. Reste à en dessiner les contours économiques. À quelle vitesse les systèmes de correction automatisés qui permettent de traiter des milliers de copies (et plus seulement des QCM) s’imposeront-ils ? Quand écoles et universités renonceront-elles à leurs cours magistraux pour basculer en mode MOOC ? Quel impact le développement des imprimantes 3D aura-t-il sur l’image de la technologie ? Les établissements sauront-ils, mieux que la presse par exemple, convertir rapidement leurs troupes aux formidables potentialités qu’offre le numérique, à commencer par le temps qu’il pourrait libérer au profit d’activités de tutorat individualisé et d’expériences in vivo – stages, voyages, travaux en labo, projets académiques, professionnels ou associatifs, etc. ? Si ces innovations tardent dans les établissements classiques, de nouveaux pure players émergeront dans le secteur de l’enseignement supérieur et le numérique leur permettra de proposer des formations à des tarifs aujourd’hui impensables. Et s’ils font la preuve de leur capacité à insérer leurs étudiants, ils se passeront de toute autre forme de reconnaissance et d’accréditation, au moins au début. C’est exactement de cette façon que s’est développé l’enseignement supérieur privé dans les années 1970, époque où la question de l’emploi était le cadet des soucis des universités et où les écoles de commerce et d’ingénieurs étaient loin d’avoir tissé les liens qui les relient aujourd’hui au monde économique.

CHALLENGES

Logiquement, ces évolutions ne devraient pas laisser indifférent l’enseignement secondaire. Pourtant, rarement l’écart entre la pédagogie et les qualités requises pour « réussir » au lycée général et dans l’enseignement supérieur ont été aussi éloignées. En fait, la seule filière à laquelle prépare le lycée est… le lycée, à savoir les études en BTS et en classes préparatoires. Les filières technologiques et professionnelles sont nettement plus innovantes, mais elles souffrent encore, au pays de Descartes et du lycée napoléonien, d’une image injustement dégradée, si bien qu’elles ne peuvent pas encore rivaliser, en termes d’attractivité, avec la filière générale. Si bien que c’est peut-être par le primaire que la révolution numérique pourrait entreprendre la conquête de l’enseignement scolaire. Le choix d’applis de qualité dédiées à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul s’accroît chaque jour. Les ventes de tablettes ayant dépassé celles d’ordinateurs, et l’anxiété des parents étant ce qu’elle est, on peut sans grand risque prédire une explosion de ce secteur. Là non plus, la question n’est pas de savoir si le numérique entrera dans toutes les écoles mais plutôt à quelle vitesse, et si le secteur public et le privé sous contrat réagiront avant qu’une offre purement privée ne se structure, soit en complément de l’école, comme cela existe en Corée du Sud ou au Japon, soit à sa place.

Innovation portée par les acteurs dans le supérieur, poussée par les parents dans le primaire, sans doute imposée bientôt dans le secondaire par les jeunes qui finiront par rejeter une pédagogie frontale si éloignée du monde connecté dans lequel ils sont nés et grandissent… L’école « à la papa » a vécu. Ses enseignants, de plus en plus ouverts au numérique, le pressentent à défaut de le savoir. Collectivités et, ici ou là, autorités académiques aussi. Il ne reste plus à l’Éducation nationale qu’à faire sa révolution copernicienne.

Par Emmanuel Davidenkoff
Directeur de la rédaction de L'étudiant

Le 19 / 09 / 13 | Posté par la rédaction de SFR PLAYER

Urban planning: Growing cities underground

© 2009 Basile Geiser
The Deep City Method helps urban planners decide how to best exploit their underground resources.

Under the streets of Montreal lies a second city, a bustling complex of shops and restaurants. Helsinki’s bedrock has been hollowed out for industrial purposes – oil storage, water treatment, a data center – with commercial applications in the making. Around the world, in Tokyo, Paris, Amsterdam, and elsewhere, cities are experimenting with underground expansion. But assessing the potential to exploit their subsurface is difficult. So difficult that many cities shy away from it altogether. Now, city developers seeking guidance can turn to the Deep City Method, a systematic decision-making framework developed at EPFL that has recently been applied to four cities in Switzerland, and four larger emerging cities in China.

“Many cities don’t recognize the potential of the ground they are built on,” says Li Huanqing just finished her PhD at the Environmental Economics
and Management Laboratory at EPFL. What she hopes to show is that, if they go about exploiting their subsurface smartly, the investment can help cities grow in a way that pays off in the long term. “Our objective was to provide city planners with a set of guidelines to help them exploit underground resources more efficiently. The problem is part engineering, part economics. We wanted to integrate both of these disciplines to develop our approach.” Two articles outlining her work are currently in press in the journal Tunneling and Underground Space Technology.

More than space
Space is probably the most obvious underground resource, but it comes at a price. Building downwards can cost up to five times as much as conventional aboveground construction. Because many cities are under such pressure to grow, but lack the land to do so, this investment can become worthwhile. And by linking projects, coordinating them across an entire city and taking advantage of other resources provided by the underground, the price can further be kept in check.

Geothermal energy is one such resource. Made more accessible by excavations, it can be used for residential heating or industrial applications. Geo-materials are another. Excavation debris inevitably accumulates and can be used to stabilize roads or produce cement. And increased access to groundwater, and careful protection of it, can help sustainably grow cities. Managing the multiplicity of resources that can underlie a single parcel of land can be a remarkable challenge.

Most cities have a master plan detailing the use and the value of their land, but normally, nothing similar exists for the subsurface. Drawing on experiences gained around the world, the Deep City Method, developed at EPFL’s Laboratory of Engineering and Environmental Geology aims to fill this void by confronting underground land-use demand with the potential to exploit it, and assist cities in extending their legal systems into these traditionally lawless expanses. In the best of cases, the possibility of exploiting the first 100 meters of the subsurface for construction projects can represent a substantial gain in growth potential.

A Sino-Swiss study
Switzerland, a land of tunnels and underground fortresses, has a long history of exploiting the underground. Of the four cities that were tested for their potential to expand into the depths, Geneva came out on top, before Zürich, Lausanne, and Bern. The city’s high population density and GDP per capita as well as the quality of its groundwater made it stand out in particular. And Geneva is already moving towards increased exploitation of its urban subsurface, with a new subway line underway, and an underground expansion of its main railway station being considered.

In her thesis, Huanqing focused on the growing Chinese city of Suzhou, slated to have 5 million inhabitants by 2015 and conducted an extensive case study of its potential to expand underground. To her, this project was a considerable success. “We were able to establish ties to the government and work together to towards formulating a 3D land-value map, which combines land value with environmental and other constraints.”

So does this mean that in the future we will all be living underground? Probably not, but building certain infrastructure projects underground frees up space on the surface, often a strongly limited resource. Now the job is getting more cities to jump on the bandwagon. As Li Huanqing says: “It is our job to show how underground space can be used multi-functionally and create demand in the future.”

Author: Jan Overney
Source: Mediacom

30.09.13

http://actu.epfl.ch/news/urban-planning-growing-cities-underground/

Le réseau pour rendre les écoles innovantes ?

L'OCDE interroge l'innovation dans un rapport qui analyse une trentaine d'école innovantes situées un peu partout dans le monde : Australie, Allemagne, Mexique, Suisse, Norvège etc. Il en ressort que l'école innovante doit être ouverte sur son environnement et sur la mise en réseau en général.

"Parmi les plus importants partenaires de tout lieu éducatif il y a les autres lieux éducatifs en relation via des réseaux et des communautés de pratiques. " Le rapport invite à mettre les apprentissages au centre des activités de l'école, à s'assurer que les apprentissage sont collaboratifs, s'intéresser aux émotions des élèves" et de développer toujours la mise en réseau.

L'ouvrage

Par fjarraud , le lundi 30 septembre 2013.