mardi 6 septembre 2011

Allons-nous vers un internet dominé par les gouvernements?

Icann
Icann

La fuite d’un document de la Commission européenne à propos de l’avenir de l’espace des domaines de top level sur l’internet ne laisse subsister aucun doute: un clash menace d’éclater entre les partisans du modèle multipartite de l’Icann et le groupe toujours plus imposant des gouvernements nationaux qui rejettent ce modèle.

En fait, la controverse porte sur la question de savoir si le gestionnaire du système des noms de domaine peut revendiquer une légitimité suffisante, du fait qu’aucun des top-managers de l’organisation n’a jamais été élu. Lorsqu’on envisage l’Icann d’une perspective juridique, la réponse inquiétante est à chaque fois que cette organisation fonctionne selon les principes qui ont été définis dans un contrat conclu avec ‘une agence du gouvernement américain liée au Congrès’.

D’un point de vue historique, le secteur internet est un secteur où les interconnexions sont nombreuses et où la recherche d’un accord est plus importante qu’une stratégie descendante (‘top down’). Le mot d’ordre de l’Internet Engineering Task Force - ‘même si le consensus n’est pas parfait, le code doit fonctionner’ - est éloquent sur ce plan. Les gouvernements y ont été et y sont considérés un peu comme un mal nécessaire. Il n’y aurait aujourd’hui pas d’internet global non plus, si toutes les parties avaient attendu patiemment une réglementation issue des autorités.

“Entre-temps, il y a eu cependant pas mal de changements”, déclare le consultant Michael Roberts. Roberts fut le tout premier CEO de l’Icann et dirigea l’organisation de 1998 à 2001. “Il ne s’agit plus aujourd’hui ni de packs TCP/IP ni de technologie, mais de contenu qui est diffusé avec toutes les implications sociales, politiques, religieuses et économiques que cela suppose. Quasiment chaque jour, nous sommes les témoins de la puissance d’internet, que ce soit pour renverser un dictateur ou pour en appeler à l’anarchie.”

Il y a dix ans, les politiciens estimaient qu’il ne fallait pas toucher à internet, “mais aujourd’hui, l’on assiste à un retour de balancier”, ajoute encore Roberts. “Reste donc à savoir dans quelle mesure l’Icann (et d’autres instances en charge de la gouvernance internet) devront évoluer vers des organisations constituées de véritables élus.”

Frederik Tibau -16:24

http://datanews.rnews.be/fr/ict/actualite/apercu/2011/09/06/allons-nous-vers-un-internet-domine-par-les-gouvernements/article-1195097917059.htm

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