L'Essec, près de Paris, a été l'une des premières grandes écoles à créer des formations en apprentissage.ESSEC/ALEXIS CHEZIERE
"Le responsable de notre master avait un bon carnet d'adresses mais cela ne nous a pas dispensé de chercher nous même notre entreprise et administration d'accueil", se souviennent Anne Duboscq et Julie Patrat, qui finissent leur master affaires publiques en apprentissage à l'université Paris-Dauphine. Il faut dire qu'elles ne s'y sont prises qu'à la rentrée, en septembre 2010, à quelques semaines du début des cours. "Mais les périodes en entreprise ne commençaient qu'en novembre, cela nous laissait un peu de temps."
- QUAND FAUT-IL COMMENCER À CHERCHER ?
Pour aider les candidats à se présenter auprès des entreprises, PPA (Pôle Paris alternance), qui regroupe aussi bien des programmes de MBA (master in business administration) que d'informatique ou même du luxe, possède un service dédié à la gestion des contrats. "Après avoir passé un test d'aptitudes, les candidats rencontrent un chargé de relation entreprise et suivent une formation aux techniques de recherche d'emploi", explique encore Stéphane Chaissé, le directeur des relations entreprises du groupe.
Ensuite, ils ont accès à une base de données d'entreprises susceptibles de les recruter mais néanmoins sans garantie de contrat, Stéphane Chaissé parlant de "97 % de réussite" et insistant sur le fait qu'il est aussi possible de "réaliser un pré-recrutement quand une entreprise comme la SNCF nous demande des profils précis".
Même souci d'aider les jeunes à trouver une entreprise au sein du groupe EduServices, qui comprend des écoles comme Tunon ou Pigier. "Nous agissons comme une maison de l'emploi en rapprochant jeunes et entreprise. Ensuite, nous allons les aider à préparer les entretiens avec les entreprises", explique Philippe Grassaud, le président de ce groupe qui comprend 14 500 étudiants, dont 60 % en alternance.
- COMMENT CONVAINCRE ?
Comme à l'IGS, les CFA pratiquent donc une première sélection. "En partenariat avec les universités, nous choisissons des profils motivés pour le métier autant que pour l'entreprise, explique ainsi Jean-Claude Pouilly, qui dirige le CFA de l'Association pour la formation d’informaticiens par la voie de l’apprentissage (AFIA), spécialisé dans l'informatique et notamment les Miage (méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises). Les jeunes qui effectuaient des petits boulots auparavant sont particulièrement appréciés. Leur comportement, leur motivation sont encore plus important que leurs connaissances ! Il faut à la fois être très bien organisé et motivé pour le métier et l'entreprise."
- UN RYTHME INTENSIF
Mais qui dit alternance dit aussi maturité et sens de l'organisation. "Nous n'avons pas eu trop de mal à différencier les périodes de travail en entreprise ou administration et à l'université ", commentent nos deux jeunes filles, tout en admettant quand même qu'elles ont vu certains autres étudiants faire dépasser un peu leur temps en entreprise sur celui des études. Car alterner, cela veut dire étudier et travailler en même temps en préparer les mêmes examens que les autres étudiants. Et ce n'est pas facile ! "Je vois parfois des parents dont les enfants sont en échec scolaire et qui pensent que l'alternance est un remède miracle pour leur permettre de réussir, confie Luc Vignerot. Quand je leur fais remarquer que le problème de leur enfant est son manque de motivation et qu'en alternance, il devra travailler deux fois plus, ils sont surpris. Mais c'est la vérité : tout le monde n'est pas fait pour aller dans une formation en alternance et, en tout cas, ce n'est certainement pas parce qu'on échoue en formation initiale classique qu'on va forcément réussir en alternance."
- UN CONTRAT À SIGNER
Résultat, on ne devrait en théorie ne pouvoir suivre en professionnalisation que des formations courtes type CQP (certificat de qualification professionnelle) reconnues dans une seule profession. Or, dans les faits, on constate que la plupart des branches professionnelles – qui gèrent ce contrat quand l'apprentissage l'est par les régions –, ont adapté le système pour permettre par exemple de préparer un BTS en deux ans avec des périodes de formation dépassant les 15 à 25 % du total prévues initialement.
Alors que reste-t-il comme différences réelles entre les deux contrats ? Le contrat de professionnalisation n'est pas seulement réservé aux jeunes mais peut aussi être ouvert aux demandeurs d'emploi de plus de 26 ans. "Pour les étudiants le choix est relativement neutre, sachant que pour les entreprises un contrat d'apprentissage coûte un peu moins cher et qu'elles auront donc tendance à le favoriser, explique Luc Vignerot. On constate quand même que certaines grandes entreprises donnent plus d'avantages aux jeunes en apprentissage. De notre côté, nous avons des quotas de formation en apprentissage et, quand nous ne pouvons plus en signer, nous passons à la professionnalisation."
- UN EMPLOI EN LIGNE DE MIRE
Si tous ne sont pas recrutés à l'issue de leur contrat, lorsqu'on arrive au niveau master, l'entreprise pense souvent l'alternance en termes de pré-CDI. "Nous proposons donc aux entreprises des CV vraiment adaptés aux profils qu'elle recherchent, comme si elles s'adressaient à un cabinet de recrutement", assure Stéphane Chaissé. "Mais il faut encore que le profil corresponde vraiment et… que l'apprenti ait envie de rester", remarquent Anne Duboscq et Julie Patrat. Si le CFA de l'AFIA peut se féliciter de placer près de 100 % de ses diplômés dans les six mois suivant leur diplôme, ce ne sont ainsi que la moitié qui restent dans l'entreprise où ils ont été apprentis.
Olivier Rollot
Ce qu'il faut savoir sur l'alternance
Le principe Les contrats d'apprentissage comme de professionnalisation reposent sur l'alternance de périodes en entreprise et au sein d'un établissement d'enseignement. L'apprenti est à la fois étudiant de l'établissement d'enseignement et salarié de l'entreprise qui règle ses frais de scolarité. Un CFA (centre de formation d'apprentis) gère l'ensemble, mais ne dispense pas la formation.Au sein de l'entreprise un maître d'apprentissage est chargé de le suivre avec le responsable pédagogique de l'établissement de formation. Dans le cadre d'un contrat de professionnalisation, il s'agit d'un tuteur mais sa nomination n'a rien d'obligatoire. L'apprenti n'a droit qu'aux congés payés légaux – pas aux vacances scolaires ! – et il n'est pas facile de pratiquer des activités en plus de son cursus et de son travail pendant l'année.
Le salaire Calculé en fonction du salaire minimum, il dépend également de l'âge et de l'année de formation. Dans le cadre d'un contrat d'apprentissage ils vont ainsi de 25 % du smic (en première année jusqu'à 17 ans) à 78 % (en 3e année pour un jeune âge de 21 ans et plus), soit pas loin de 1 100 euros net. En contrat de professionnalisation, pour des jeunes de moins de 26 ans, ils sont légèrement supérieurs.
La fin du contrat Si c'est souvent le cas, l'entreprise n'a pas pour autant l'obligation d'embaucher l'apprenti à la fin de son contrat.
Pour en savoir plus Vous pouvez aller sur le site gouvernemental, mais le mieux fait est encore celui de la région Ile-de-France.
http://www.lemonde.fr/orientation-scolaire/article/2011/07/06/alternance-comment-trouver-son-entreprise_1544859_1473696.html
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