Bien sûr, il n’y a pas que les profs de langues, de maths ou de sciences dont la cote s’est envolée sur le « marché » de l’enseignement. Les professeurs de cours techniques sont devenus aussi rares qu’une pépite d’or dans les Ardennes belges. Cette rentrée scolaire nous en a livré un nouvel exemple. A l’Athénée Royal de Jodoigne, il était prévu, l’an passé, d’ouvrir une 5e année technique permettant de devenir mécanicien automaticien. Une filière qui aurait garanti à ses élèves de décrocher un emploi une fois leurs études terminées.
A grand renfort de publicité, l’école espérait bien rassembler le nombre d’élèves suffisant pour ouvrir la section. Pari gagné puisque neuf adolescents se sont présentés la semaine dernière… pour s’entendre dire que la section ne verra finalement pas le jour cette année. Aucun professeur n’a été trouvé pour assurer les cours. Le préfet des études, Jean Pirsoul, est évidemment très embêté :
Déléguer la formation de nos élèves au secteur privé?
A grand renfort de publicité, l’école espérait bien rassembler le nombre d’élèves suffisant pour ouvrir la section. Pari gagné puisque neuf adolescents se sont présentés la semaine dernière… pour s’entendre dire que la section ne verra finalement pas le jour cette année. Aucun professeur n’a été trouvé pour assurer les cours. Le préfet des études, Jean Pirsoul, est évidemment très embêté :
Nos écoles sont-elles encore attractives?Nous désirions en effet ouvrir cette option car elle est très porteuse sur le marché du travail. Au départ, il nous fallait deux conditions : un nombre d’élèves suffisant, ce qui est le cas, puisqu’ils sont neuf, et un professeur compétent. Ce dernier pouvait être un ingénieur industriel ou un gradué en automatisation. Nous pensions tenir le candidat adéquat, mais il s’est désisté en dernière minute, faute de se sentir à l’aise.
Hier midi, la RTBF consacrait un reportage à cette triste situation… et le message était tout autre : le professeur aurait reçu une meilleure proposition venant du privé… Un décision que regrette ce professeur de cours techniques. Mais il comprend…
Un bon technicien indépendant gagnera très facilement de 2.000 à 3.000 euros nets par mois. Pourquoi irait-il gagner la moitié dans l’enseignement? Les congés? Ce sont des jours de chômage, oui…
Les neuf élèves concernés ont à présent deux possibilités : poursuivre leurs études en 5e année d’électromécanique, mais dans un autre établissement. Ou alors choisir l’option mécanique automobile à l’Athénée de Jodoigne. Un choix qui, on s’en doute, ne fait pas plaisir.1
Quelle solution alors? Bien sûr, l’école ne peut pas rivaliser avec l’attractivité du secteur privé… Et ce ne sont pas les fameux jours de congé que l’on nous envie tant qui font la différence, semble-t-il. M. Pirsoul a bien sa petite idée : faire appel au privé, justement.
On pourrait imaginer que le privé nous donne l’un de ses éléments performants, qui viendrait à l’école tous les jours pendant deux ou trois heures… et puis retournerait dans le privé, de manière à ce que ce soit le privé qui forme des gens compétents… grâce au personnel venant du privé.
L’idée est donc lancée : déléguer au secteur privé les tâches que l’école n’est plus à même de remplir, faute de moyens financiers ou simplement humains. Est-ce une piste crédible? Peut-on également l’envisager dans le cadre du prêt de matériels et machines spécifiques à certaines professions techniques? Les enseignants accepteront-ils de laisser la main à des professionnels sans aucun bagage pédagogique?
Une chose est certaine : la pénurie de professeurs-techniciens risque de s’aggraver dans les prochaines années si une solution n’est pas rapidement trouvée. De son côté, l’A.R. de Jodoigne recherche activement – même auprès de ses anciens élèves – la perle rare… 2
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