jeudi 8 septembre 2011

L'insertion au coeur des priorités

À l'heure où les étudiants commencent à rejoindre les amphis, le constat est plutôt encourageant: en matière d'insertion professionnelle, les universités bretonnes sont parmi les meilleures. Explications.

L'université, une fabrique de chômeurs: voilà une idée reçue qui a la vie dure. Contre elle et ceux qui la véhiculent, PascalOlivard et Olivier Sire, respectivement présidents de l'UBO (Université de Bretagne occidentale) et de l'UBS (Université de Bretagne sud), s'insurgent. Pour la casser, ils préfèrent, à de longs plaidoyers, avancer leurs statistiques sur l'insertion professionnelle de leurs diplômés. Statistiques que chaque université a désormais l'obligation de produire dans le cadre d'un observatoire. Que disent ces chiffres? Que finalement, et y compris pour les diplômés en sciences sociales et humaines, la grande majorité des diplômés trouve un emploi. Àl'UBS, le taux d'emploi des masters pro2007/2008 s'élevait, trente mois après l'obtention de leur diplôme, à 89%. À l'UBO, 76,8% des titulaires de master professionnel de la promotion 2006-2007 avaient un emploi au bout de dix-huit mois. Pas si mal. En sciences de l'ingénieur, l'université brestoise affiche un taux d'insertion de plus de97%. Dans les disciplines littéraires, ilestde90%.

En lien avec le milieu socio-économique

La première enquête nationale effectuée par le ministère de l'Enseignement supérieur, sortie en octobre dernier, a confirmé les bonnes performances, en matière d'insertion, des universités bretonnes qui font souvent bien mieux en ce domaine que les très grandes universités, sans doute moins préoccupées par le devenir de leurs étudiants. Exceptée Rennes 2, en retrait, les trois autres universités caracolent en tête des classements dans de nombreuses disciplines. On citera, par exemple, les sciences, technologies et santé pour l'UBS, la gestion et l'informatique pour l'UBO. En droit, Rennes1 se classe en tête de toutes les universités françaises. Comment expliquer ces bonnes performances des universités bretonnes? La qualité des formations, certes, mais elle ne saurait suffire. «La réflexion sur le pourquoi on forme a été menée au sein de nos établissements. Les formations sont construites en lien avec le milieu socio-économique», souligne le président de l'UBO. Même réponse d'Olivier Sire, le président de l'UBS: «On dialogue en permanence avec les entreprises. Nous sommes présents dans les agences de développement. Cela nous permet d'être très réactifs, d'anticiper, de détecter les métiers en émergence et d'adapter nos formations».

Mieux outiller les étudiants

Ce souci de multiplier les passerelles avec le monde économique est aussi celui de Rennes1, université pilote pour l'insertion des filières scientifiques. «Dans cette université, qui fonctionne de plus en plus comme les écoles d'ingénieurs, des partenariats ont été noués avec de nombreuses branches professionnelles, ainsi qu'avec l'Apec, le Medef, l'Unim. Pas moins de7.500 stages sont proposés chaque année aux étudiants. Pour les licences pro, ils se terminent très souvent par unCDD ou un CDI», assure DavidAlis, vice-président, chargé de l'insertion. Une des priorités des universités bretonnes a aussi été de mieux outiller leurs étudiants pour leur faciliter l'entrée dans le monde du travail. «Ils sont désormais préparés à l'entretien d'embauche, ce qui ne se faisait pas il y a cinq ans», note le président del'UBO. Dans cette université, le dispositif de préparation à la vie professionnelle sera entièrement généralisé à la rentrée 2012.

Yvon Corre

8 septembre 2011

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