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samedi 30 juillet 2011

Le redoublement est coûteux et inutile, affirme l'OCDE

Redoubler une classe serait non seulement inutile pour l'élève, mais également coûteux pour la collectivité. C'est le constat sévère que tire l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques), dans une récente étude relative aux résultats des élèves de plusieurs pays au test PISA 2009 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).


Le redoublement accentue les inégalités


Le journal Le Monde, qui a analysé la note de l'OCDE, y relève notamment que "les pays affichant un taux de redoublement élevé sont également ceux où les élèves sont les moins performants [et où] la relation entre le milieu socio-économique des élèves et leur performance est plus marquée".

Autres élément : le redoublement a un coût. L'OCDE estime que réduire le redoublement permettrait de diminuer d'autant "le financement d'une année supplémentaire de formation pour l'élève, mais aussi […] le coût pour la société de retarder d'au moins un an l'entrée de cet élève sur le marché du travail". S'appuyant sur des données nationales, le journal rappelle qu'en France "un redoublement coûte 8 000 euros au collège et 10 710 euros au lycée".

La France championne des redoublements


Les Français devraient être les premiers à s'inquiéter de cette situation. Avec 38 % des élèves de 15 ans déclarant avoir déjà avoir redoublé, le pays est bien au dessus de la moyenne de l'OCDE (13 %). La France se place même en 5e position des pays où l'on redouble le plus, après la Chine, la Tunisie, le Brésil et l'Uruguay.

L'Hexagone a pourtant fait des progrès en la matière, observe Le Monde. Le journal rappelle que le Ministère de l'Education nationale a réglementé le recours au redoublement. Résultat : "aujourd'hui six élèves de terminale sur dix sont 'à l'heure', contre un sur deux en 2004, et un sur trois en 1990".

Des freins à la diminution des redoublements


Sur le terrain pourtant, la diminution des redoublements se heurte à "une pratique culturelle, ancrée dans les coutumes enseignantes", les professeurs les considérants souvent comme une "seconde chance donnée à l'élève". L'idée, certes séduisante, se heurte néanmoins au problème d'une année de redoublement "quasiment identique à la première année", alors qu'il faudrait "des menus adaptés qui mettent l'accent sur les lacunes", analyse pour Le Monde Thierry Bourcin, formateur à l'IUFM de Bourgogne.

Pour Claude Lelièvre, historien de l'éducation, également interrogé par le journal, le système éducatif français est "rigide et ancien". Alors que certains pays ont mis en place un suivi individualisé ou des classes de niveaux pour les élèves en difficulté, la France conserve un système où "à une classe d'âge correspondent un niveau d'enseignement et un programme". Pour l'historien, comme pour plusieurs syndicats enseignants, faute de "faire éclater l'unité de classe" les professeurs français n'auront pas d'autre solution que de faire redoubler leurs élèves.

>> En savoir plus :
- Les leçons de PISA, en France et à l'étranger
- Classement des élèves PISA : la France en baisse
- Les Français ne sont plus les boss des maths

Mis en ligne le 26/07/2011

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