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vendredi 27 avril 2012

Canada : Le brevet, le bouclier et l'épée des inventeurs !

En se procurant un brevet, «on se paie un beau bouclier». Vrai. Mais surtout, insiste Mireille Jean, «on se paie l'épée qui vient avec !» Son parcours le confirme : qui sait manier le sabre peut gagner gros. Il y a cinq ans, elle a vendu le brevet de sa petite entreprise saguenéenne de télécoms à nulle autre qu'IBM. L'histoire ne dit pas combien, mais on comprend que ce n'était pas des cacahuètes.

Une vingtaine d'hommes et de femmes d'affaires se sont déplacés, hier, pour écouter les conseils de Mireille Jean, entrepreneure, auteure et conférencière, dans les locaux de Québec International, rue Lavigerie. Elle explique comment fonctionne le monde méconnu des brevets.

«Ils ne sont pas juste là pour nous protéger, ils sont là pour nous faire faire de l'argent aussi !» Son livre Innover c'est bien... mais breveter c'est mieux va dans le même sens.

À la tête de Trioniq, sa PME au Saguenay, elle fait breveter un système qui permet l'insertion et l'extraction de cartes électroniques dans les boîtiers d'ordinateur. Sur le site de l'Office de la propriété intellectuelle du Canada, on lit qu'«un brevet est le droit que vous donne le gouvernement d'empêcher d'autres personnes de fabriquer, d'employer ou de vendre votre invention au Canada». Préparer un dossier peut coûter 20 000 $. Il faut aussi breveter dans autant de pays que nécessaire.

Un actif

Mme Jean comprend qu'un brevet en poche «devient un actif». Elle lance l'opération charme. SGI, le fabricant de superordinateurs de Silicon Valley, lui achète une licence, c'est-à-dire le droit d'utiliser son brevet. Peu après, IBM répond présent. Mais IBM ne veut pas louer, il veut acheter la technologie. Un brevet, «ç'a aucun rapport d'où il est et qui le possède. Ç'a rapport à son potentiel commercial. [...] J'étais en affaires ! Même si j'étais une PME de Chicoutimi qui baragouinait l'anglais comme je pouvais, ça ne changeait rien». Son brevet, c'était le «fonds de commerce» de son entreprise. Mais l'offre d'IBM était assez alléchante pour le vendre. «J'ai ouvert le champagne ! [...] J'étais vraiment fière de moi, Mireille Jean, comme propriétaire de PME, d'avoir négocié, avec ce géant-là, à New York, avec des gens en Californie.»

Dans la salle, Bernard St-Pierre, vice-président aux opérations chez Explora, tend l'oreille. L'entreprise, présidée par Harold Vachon, n'a pas de brevets, mais il commence à penser qu'elle devrait s'y mettre.

Dans le Parc technologique, elle conçoit des solutions sur mesure pour rendre portables des équipements fixes : des contrôleurs de spa, des instruments de mesure, etc. «On développe des choses pour nos clients, des fois on a de bonnes idées qu'on pourrait, au lieu de les développer pour les clients, les développer pour nous-mêmes et les vendre à nos clients», soutient M. St-Pierre. S'il n'a pas songé à demander un brevet pour certaines de ses idées, il est fort possible qu'un client ne s'en soit pas privé...

«Si j'invente quelque chose d'intéressant, au lieu de le vendre à un client, je pourrais [demander un brevet], le vendre [sous licence] à plusieurs et garder mes droits.» Il a beaucoup à gagner : «On est excités de voir tout le potentiel qui serait utilisable chez nous. Ça fait réaliser aux gens : attention ! Vous êtes assis sur du potentiel que vous n'utilisez pas !»

Auteur : Pierre-Olivier Fortin

Source : www.cyberpresse.ca

Publié par : Temey, le Jeudi 26 Avril 2012 - 06:00 

http://www.invention-europe.com/Article627710.htm

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