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dimanche 26 juin 2011

Grandes écoles : alerte à la baisse du niveau au lycée

La Conférence des grandes écoles redoute une baisse du niveau scientifique à l'entrée en classes prépa et craint que les élèves brillants issus des lycées les moins favorisés ne soient délaissés.

Forte de ses 226 établissements, la Conférence des grandes écoles (CGE) s'alarme de la réforme du lycée lancée en septembre dernier par Luc Chatel. Cette dernière présente selon eux un risque de «baisse du niveau». «Cette réforme a une conséquence directe sur l'enseignement supérieur, nous avons donc décidé de nous saisir du sujet», expliquait cette semaine Pierre Tapie, directeur de l'Essec et président de la CGE. «Le niveau de ceux que nous intégrons dans nos écoles n'est pas indépendant du bagage des jeunes qui passent le bac.» Ses membres ont décidé de monter un «observatoire» sur le sujet et de formuler des propositions à la rentrée.

Cette année 2010-2011, en première année d'enseignement supérieur, «un tiers des jeunes ne savent pas prendre de notes», affirme-t-il. Les aptitudes des étudiants inscrits en classes préparatoires, pourtant très sélectionnés, ont baissé. Nombreux sont ceux qui ne sont pas capables de rédiger une dissertation : «C'est une catastrophe», insiste-t-il. La désaffection des filières scientifiques l'inquiète.

De même que le taux élevé d'abandon en première année d'études supérieures. On parle souvent de l'université sur ce point mais certaines écoles accusent 20 à 30 % d'échec… La perte de position de la France dans Pisa, une comparaison internationale des compétences des élèves de 15 ans en mathématiques et en français, la «consterne» : «Nous sommes passés de la 17e à la 22e place mondiale. Les illettrés mathématiques sont passés de 12 à 18 % d'une classe d'âge en quatre ans !»

La réforme du lycée censée rendre la terminale S plus scientifique ne trouve pas grâce à ses yeux. «La classe de première est au contraire plus indifférenciée», objecte-t-il, «entre la première et la terminale on a perdu trois heures de sciences», insiste Pierre Tapie, à qui il semble également «dangereux de revoir à la baisse les éléments théoriques dans les sciences expérimentales comme la physique et la chimie». Autre élément «bizarre» de cette réforme, pour favoriser la filière littéraire, on «interdit» aux scientifiques de faire du latin et du grec. «On ferait mieux de réintroduire des mathématiques en filière littéraire !», estime la CGE. (...)
 
Par Marie-Estelle Pech
lefigaro.fr
24/06/2011
 
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