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jeudi 30 juin 2011

Ils traquent les débris de l'espace qui nous menacent



"Pas moins de 300 000 débris de 1 à 10 cm gravitent autour de la Terre", souligne Fernand Alby./ Photos AFP et CNES
Fernand Alby, ingénieur au Centre national d'études spatiales de Toulouse, responsable de l'activité débris spatiaux. Tous les jours, son équipe est chargée de prévoir et de calculer les risques de collision de débris avec des satellites français.

Mardi, un débris orbital s'est approché à environ 250 m de la Station spatiale Internationale. Les spationautes ont eu très chaud ?

Des débris spatiaux, il y en a tout le temps et de plus en plus puisqu'on envoie toujours plus d'objets dans l'espace. Ce qui s'est passé ces dernières heures relève d'un phénomène particulier. Pour ce qui concerne la Station spatiale internationale, Américains et Russes travaillent ensemble avec des procédures communes permettant de définir au mieux la trajectoire des débris identifiés. En fonction de cette trajectoire, sont prévues des manœuvres d'évitement en faisant bouger la Station. Une opération plutôt courante puisqu'on compte en moyenne une manœuvre par an. Mais cette fois, la trajectoire des débris spatiaux semblait très mal connue avec un périgée assez bas (ndlr : point de passage au plus près de la Terre). Quand ce tracé a pu enfin être calculé, il était déjà trop tard. C'est pourquoi, il a été demandé à l'équipage de l'ISS de se réfugier dans les vaisseaux Soyouz amarrés à la Station. Il faut rappeler que les modules de l'ISS sont protégés par des blindages qui permettent de stopper les objets de 1 à 2 cm.

Mais en quoi est-on mieux protégé dans les Soyouz ?
La Station spatiale est de grande dimension. Une collision avec un débris, si petit fût-il, peut engendrer un risque de dépressurisation dans l'ISS. Les vaisseaux Soyouz sont, eux, beaucoup moins gros et plus compacts. En cas de collision de débris avec la Station, le Soyouz se détache permettant à l'équipage de rentrer sur Terre. En 2009 déjà, les trois membres de l'équipage avaient dû s'abriter dans les vaisseaux de secours. À titre d'exemple, pas plus tard que le 5 février, Spot 5 a croisé des débris issus du satellite chinois Fengyung 1C.

A-t-on des informations précises sur la taille de ce débris ?
Pas encore. Les données dont nous disposons devraient permettre une restitution des résultats dans les prochains jours. Mais, outre la taille de l'objet, il faut connaître aussi la vitesse de déplacement qui influe bien sûr sur la force de l'impact. Quand l'ISS rencontre de front un débris, la vitesse est de l'ordre de 16 km par seconde. Vous imaginez !

Une météorite tout près de la Terre

Décidément, cette fin du mois de juin est marquée par des événements dans notre ciel tout proche. Mais cette fois, il ne s'agissait pas d'un débris issu de notre industrie spatiale, mais bien d'un corps céleste ressemblant, semble-t-il, à un gros cigare, d'un mètre de large et dix mètres de long. Cet objet naturel qui était visiblement en orbite autour du Soleil, serait passé à quelque 12 000 km de la Terre, à l'intérieur donc de notre orbite géostationnaire. Cette météorite venant donc de très loin, il s'est révélé impossible de définir sa trajectoire, indique Fernand Alby du CNES de Toulouse. Ce sont les astronomes qui sont chargés de suivre ce phénomène.

Publié le 30/06/2011 08:05 | Recueilli par Jean-Marie Decorse

http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/30/1118411-ils-traquent-les-debris-de-l-espace-qui-nous-menacent.html

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