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mercredi 31 août 2011

Des PME qui chassent en meute : l'objectif du cluster EDEN

A ce jour, elles sont 47 entreprises, mais l'objectif affiché est qu'elles soient 80 courant 2012. Elles ont en commun de travailler pour le secteur de la défense, nationale ou internationale, d'être innovantes et, qui plus est, exportatrices. Complémentaires, elles sont toutes adhérentes d'EDEN, un cluster de PME indépendantes créé fin 2007 sous l'égide de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Lyon et de la Direction Générale de l'Armement (DGA). En fédérant ainsi des PME qui, jusqu'alors, travaillaient isolément, EDEN permet à celles-ci de communiquer davantage entre elles, d'être plus visibles au niveau national et international, valorisant par la même leur savoir-faire, souvent unique, et de développer des actions collectives. Intéressées cette démarche, au moins trois régions françaises, au sein desquelles un certain nombre d'entreprises a été identifié, pourraient intégrer rapidement ce groupement lyonnais au sein d'une fédération en cours de création.

"Quand nous avons initié ce projet de cluster, nous étions 5 entreprises partie prenante, dont Sunaero", rappelle Thierry Regond, vice-président de Sunaero et trésorier d'EDEN. L'idée de la DGA était d'aider les PME travaillant pour la défense afin qu'elles puissent à la fois croître, et par conséquent embaucher et exporter davantage, d'autant plus qu'il s'agit d'un secteur hautement technologique, qui plus est généralement dual. "Nous sommes tous confrontés à la même problématique. Nous dépendons principalement des grands donneurs d'ordre qui, pour certains, tentent d'appréhender et de capter nos technologies, sans que nous bénéficions d'un réel retour. D'où la nécessité de protéger nos savoir-faire en faisant prendre conscience à ces donneurs d'ordre, que nous sommes évidemment à leur disposition mais que nous souhaitons en garder la paternité avec une certaine autonomie quant à leur utilisation éventuelle pour d'autres clients, ce qui nous permet une évolution technologique continue et pertinente et nous assure une réelle pérennité", explique-t-il. Thierry Regond ajoute que si beaucoup de progrès ont été faits ces derniers temps, notamment avec la signature de conventions au niveau national de type Pacte PME qui formalise une réelle volonté des Directions Générales de faire évoluer cette situation, dans les faits cependant, beaucoup reste à faire. La volonté d'EDEN, qui regroupe aujourd'hui 47 entreprises adhérentes, de la TPE qui compte 3 salariés à la PME de 350 à 400 personnes, est donc de préserver les intérêts de chacune de ces entreprises, tout en respectant évidemment des règles très strictes quant à la commercialisation de certains savoir-faire technologiques particulièrement sensibles.

Les entreprises adhérentes d'EDEN couvrent principalement 4 domaines d'activités : le transport aérien et terrestre, la protection individuelle, la détection et les mesures, enfin les logiciels embarqués ou pas. Les technologies de pointe qu'elles développent dans ces domaines sont, pour l'essentiel, destinées à des marchés de niches qui n'intéressent donc pas toujours les grands groupes industriels. "Le fait que nous ne soyons pas concurrents mais complémentaires nous permet d'échanger facilement des données techniques commerciales. Aussi, face à un besoin spécifique d'un client, nous sommes désormais capables de nous regrouper afin de proposer une solution technique globale pertinente et généralement inédite", s'enthousiasme Thierry Regond. Cette manière de "chasser en meute" a d'ores et déjà permis à EDEN d'initier notamment des coopérations techniques dans certains pays comme l'Inde. Pour autant, il n'est pas question que le cluster lyonnais se substitue à ses adhérents. Parallèlement ce dernier organise également pour les entreprises qui en font partie des visites très opérationnelles à l'étranger. "Il s'agit principalement de prendre des contacts avec des entreprises comme nous l'avons fait récemment au Brésil, lors du Salon LAAD (Latin America Aero & Defense)", précise-t-il.

Pas seulement un groupement de PME, mais une sorte d'état d'esprit

Au fil des mois, EDEN commence à ressembler à une véritable "meute". Aussi le cluster lyonnais est-il de plus en plus efficace. "En fédérant nos actions commerciales à l'export, nous sommes de plus en plus visibles. D'où un intérêt croissant des délégations officielles des pays dans lesquels nous participons à des salons et la multiplication de nos contacts avec les donneurs d'ordre étrangers", constate Thierry Regond qui précise qu'il en est de même en France avec, évidemment, la DGA mais aussi l'armée de terre, l'armée de l'air et les grandes institutions. Dans ce contexte, le développement d'EDEN est observé avec intérêt par d'autres régions françaises, et en particulier la Bretagne, l'Aquitaine et la Bourgogne, trois régions au sein desquelles ont été identifiées des entreprises qui présentent le profil souhaité pour intégrer à terme EDEN. Aussi les responsables du cluster réfléchissent-ils à cette possible intégration, via la création d'une fédération nationale. "Il s'agit de pouvoir regrouper toutes les entreprises qui souhaitent nous rejoindre en leur donnant une certaine autonomie régionale. Nous avons observé en effet que les entités régionales comme les Conseils régionaux, généraux, voire les CCI, souhaitent pouvoir dire leur mot et contribuer à ce véritable élan". L'Ile-de-France et la région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA) sont également très intéressées par EDEN.

Persuadés que pour pouvoir prétendre peser sur les décisions il faut être nombreux, les responsables d'EDEN ce sont fixés des objectifs ambitieux, le premier étant d'être 80 adhérents, sans compter les autres régions, au cours du premier trimestre 2012. Particularité d'EDEN : chaque entreprise souhaitant y adhérer doit être agréée par l' ensemble des adhérents. C'est dire si ce cluster n'est pas seulement un regroupement de PME de haute technologie positionnées sur le secteur de la défense, mais a su, malgré son jeune âge, faire naître une sorte d'état d'esprit. Or pour en faire partie, encore faut-il l'avoir et le démontrer.


BE France 260 >> 30/08/2011

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67553.htm

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