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mercredi 31 août 2011

Guerre des chiffres : combien coûte réellement la scolarité ?

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Pour écoliers, collégiens, lycéens, le "coût de la scolarité" est hausse de 3,1% en 2011. Celui de la rentrée en sixième augmente de 6,8% selon Familles de France alors que, pour les étudiants, on oscille entre 2% et 4,1%. De quoi y perdre son latin. Décryptage.

La rentrée pèsera lourd dans le budget des familles cette année. Les chiffres sont au moins d'accord sur ce point Mais entre la hausse de 3,1% annoncée ce mardi par la Confédération syndicale des familles, ou de 6,8% calculés par Famille de France il y a deux semaines, et la guerre des chiffres entre ministère et associations sur le coût de la vie étudiante, il y a de quoi en perdre son latin. Pour prévoir son budget, mieux vaut s'y pencher d'un peu plus près.

Avant le baccalauréat : coût de la rentrée ou de la scolarité?

Pour les moins de 18 ans, deux associations publient chaque année leur chiffre depuis plus de 30 ans. Familles de France le communique à la mi-août. Cette année, cette association évalue à 187,35 euros, la facture de la rentrée pour une famille dont l'enfant passe en sixième.

Pour ce “Le coût de rentrée“, l'association prend en compte un panier-type censé représenter un “bon rapport qualité-prix“ comme le défend son directeur général Thierry Vidor. Photographie d'un cartable moyen, passant de la papeterie aux chaussettes de sport, cette enquête "n'est pas scientifique" admet Thierry Vidor, "même si l'on suit une méthode sérieuse". Se focaliser sur une précise classe, à un moment de l'année permet de comparer essentiellement le prix des fournitures d'une année sur l'autre.

Une autre possibilité revient à élargir l'étude et y faire participer plus de classes d'âge. Familles de France, donne d'ailleurs des chiffres à l'entrée au collège ou au lycée, mais ils ne rentrent pas dans son calcul final.

Dans le "coût de la scolarité", plus complet, publié ce mardi par la Confédération syndicale des familles (CSF), entrent en ligne de compte les différentes classes d'âge - on ne dépense pas autant en sixième qu'en seconde - ainsi que d'autres critères comme les assurances, les coopératives, les photographies, les livres et manuels scolaires, et les vêtements en plus des fournitures et du matériel sportif. Cet organisme indique aussi le budget annuel, club de sport et voyages de classe compris. Au total en troisième, il en coûtera par exemple 2.496 euros à une famille-type pour l'année. Une évaluation que se refuse à faire Familles de France qui estime quasi impossible "de déterminer le coût réel d'une scolarité" en raison des trop forts contrastes de modes de vie entre les familles.

Pour le directeur de Familles de France (FDF), les deux calculs restent "cohérents dans la mesure où la CSF prend en compte l’assurance qui est restée plus stable“ que les autres postes. Ainsi, le budget rentrée en sixième grimpe de 6,8% pour FDF et de 6% d'après les chiffres de CSF. "Nous sommes complémentaires", défend Brigitte Masure, la présidente de la Confédération syndicale des familles. "Notre sensibilité n'est pas la même", rappelle-t-elle toutefois pour expliquer l'absense d'un consensus avec l'autre association familiale.
 
Etudiants : la "guerre" des chiffres

La divergence de point de vue est plus forte encore lorsqu'il s'agit du budget étudiant. Cette année encore une "guerre" de chiffres oppose associations et ministère de l'Enseignement supérieur. Le dernier reprend des données de l'Observatoire de la vie étudiante pour affirmer que "les dépenses de rentrée pour les étudiants suivent l'inflation" (2% selon l'INSEE). L'Unef, estime quant à elle que le coût de la vie étudiante augmente de 4,1%, "soit deux fois plus vite que l’inflation". La Fédération des associations générales étudiantes avance un chiffre équivalent (4,2%).

Pourquoi de telles différences? Question de vocabulaire d'abord. Les "dépenses obligatoires", frais d'inscription, restauration universitaire et assurance maladie, ne sont pas comptabilisées de la même manière. L'Unef prend en compte les frais d'inscription en doctorat (en hausse de 4,7% par rapport à 2010), pas le ministère. Ce dernier ne met en avant que l'évolution du prix du ticket de restau U (1,7%) quand l'Unef fait une moyenne pour 160 repas, ce qui porte à 8,4% la hausse de ce poste obligatoire.

Ensuite, les avis divergent sur ce qui fait vraiment partie d'un budget étudiant. Pour le ministère de l'Enseignement supérieur, pas de moyenne globalisant le "coût de la vie étudiante", mais un tableau d'évolution des frais d’inscription, restauration universitaire, assurance maladie, médecine préventive, loyers en résidence principale, papeterie, produits alimentaire, transport, carburant, audiovisuel, télécom et inflation.

Livres, téléphone et loisirs

Les critères sont sembables pour l'Unef, qui rajoute équipement informatique, vêtements, livres, téléphone, internet et loisirs. Son "budget moyen d’un étudiant" fait la moyenne de ce qui reste à payer chaque mois pour des étudiants dans quatre profils-type. Par exemple, un étudiant en master non boursier vivant à Paris hors de chez ses parents devra payer 1.151,98 euros par mois de sa poche au cours de l'année scolaire 2011-2012. Le boursier en licence vivant province aura 430,13 euros de "reste à charge" après versement des aides.

De même, pour les logements, l'un des postes de dépense les plus importants, les associations mettent en exergue les coûts supplémentaires lorsqu'on emménage alors que le ministère ne met en avant que les prix moyens des loyers selon l'Insee. L'Unef souligne ainsi la hausse de 8,9% des loyers dans le parc locatif privé à Paris et de 1,9% en région alors que les services de Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, indiquent une augmentation moyenne de 1,2%.

Pour y voir plus clair, mieux vaut donc regarder dans le détail l'évolution de chaque poste budgétaire selon sa situation plutôt que de se contenter d'un chiffre global ou d'une comparaison à l'inflation.

Marina Torre - 30/08/2011, 18:06
 

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