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mercredi 31 août 2011

Des véhicules verts Made In USA ?

Le Department of Energy (DoE) a annoncé le 16 Décembre 2010 un appel à projet pour la recherche et le développement des véhicules innovants. Le but de ce programme est d'accélérer le développement et le déploiement de nouvelles technologies pour l'efficacité des véhicules afin de réduire la dépendance des Etats-Unis en importation pétrolière, faire des économies et limiter la pollution. Pour ce faire le fonds pouvait allouer, pour la totalité de projets, jusqu'à 184 M$ sur 3 à 5 ans [1].

175m$ pour les véhicules innovants

Les dossiers ont pu être déposés jusqu'au 28 février. C'est finalement le 10 Août, après 5 mois de délibération, que le DoE a décidé de financer 40 projets pour un total de 175 M$ [2]. La liste complète des sociétés et organismes ayant reçu un financement est disponible sur le site du DoE. (voir "en savoir plus")

Les projets sont inscrits dans 8 thèmes différents couvrant à la fois la conception des véhicules (matériaux, prototype, architecture), l'usage (flotte de véhicule), les véhicules thermiques (Thermoélectricité et lubrifiants) et le passage aux véhicules électriques (batteries, électronique de puissance). On retrouve ici les grands thèmes de la mobilité individuelle. Cependant ils ne sont pas tous mis en avant de la même manière: avec plus du quart des financement, les batteries sont clairement une des problématiques principales et on ne parle ici que de son application au véhicules électriques. Pour certains (Ford, GM, SAFT, Johnson control...) cette bourse s'additionne au Recovery Act de 2009 [3]

Contexte global

L'annonce des projets lauréats s'est faite deux semaines après l'accord sur l'augmentation de l'efficacité des véhicules thermiques. Le président Obama a en effet réussi à réunir 13 constructeurs majeurs autour du Corporate Average Fuel Economy (CAFE) de 54,5 miles per gallon (4,31 L/100km) en 2025 soit une multiplication par deux de l'efficacité [4]. Cet objectif concerne la moyenne du parc de véhicules que les constructeurs commercialisent et incite l'utilisation de technologies innovantes comme l'hybridation et les piles à combustible. A terme la réduction devrait correspondre à la moitié de l'importation actuelle de pétrole venant de l'OPEP. Cependant des critiques sont émises sur la manière dont les tests sont effectués. Ils ne représentent pas suffisament la conduite actuelle des usagers (60mph au lieu de 65mph sur autoroute, pas de climatisation) et ne mettent pas en avant les systèmes de stop-start (accélaration à 50mph en une minute) [5].

Des lauréats variés

Le pannel de lauréats est intéressant car très diversifié. On retrouve des constructeurs de Detroit (Ford, Chrysler, General Motors), des Start-ups californienne (Seeo, Nanosys, amprius), des universités (MIT, UC Chicago, Pensylvania State university) et des majors dont ce n'était pas le coeur de métier (3M, Goodyear, Johnson control ...).

Parmi les lauréats, SEEO est une société que la mission scientifique de San francisco a rencontré en 2010 alors qu'elle développait ses cellules de lithium polymère [6]. Le DOE, par l'intéremédiaire du Smart Grid Stimulus Fund, soutient déjà le développement de ces cellules de 25kWh pour le stockage stationnaire par une bourse de 6,2M$. Nous avons eu l'occasion de les rencontrer de nouveau juste après l'annonce du financement de presque 5M$ pour l'application de leurs batteries au transport. Ce projet s'intègre dans un réel intérêt pour le marché du transport pour lequel les batteries lithium polymère ont un avantage : la température de fonctionnement étant de 60°C, la surchauffe des batteries n'est plus un problème. De plus SEEO est passé du stade de producteur de cellules à celui de producteur de pack batteries intégrant la gestion de la charge et de la température. Ce choix stratégique lui permet de répondre directement au besoin des constructeurs de véhicules et limite également le risque par rapport à un partenariat avec une autre start-up.

Conclusion

Les lauréats ont été dévoilés alors que le politique de financement des énergies nouvelles est beaucoup critiquée. Les bourses comme celles-ci ont pour intérêt de relancer l'économie mais malheureusement la dette américaine continue de se creuser. Par ailleurs, les premiers bilans des "green jobs" ne sont pas bons [7]. Les républicains remettent donc cause les effets positifs sur la société du soutien àl'économie verte et le gouveneur du Texas va encore plus loin en remettant en cause l'impact de l'homme sur le changement climatique [8]. Dans un contexte pré-électoral, on peut donc se demander si cette bourse n'est pas l'une des dernières que le gouvernement fédéral va accorder en attendant de meilleurs résultats.

BE Etats-Unis 256 >> 26/08/2011

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67511.htm

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